Hollande bafoue la Démocratie pour éviter l'implosion du PS! (17/04/2015)

logosenatLe Président de la République en a décidé ainsi : le pacte de stabilité 2015-2018, présenté mercredi dernier en Conseil des ministres, se passera cette année d’un examen au parlement. Je m'’insurge contre cette décision purement « politique » qui bafoue la démocratie.

Les divisions du PS sur la baisse de la dépense publique sont telles qu’une discussion au Parlement risquerait fortement de provoquer une «déflagration » importante du PS.

Le bilan économique de la France avec ses 5,9 millions de chômeurs mériterait pourtant un examen du pacte de stabilité au Parlement. Faut-il rappeler qu’en un an, le nombre de chômeurs a augmenté de 160 000 en France alors qu’il diminuait sur la même période de 896 000 en zone euro ?

Faut-il rappeler que le nombre de défaillance d’entreprises n’a jamais été aussi important : 62 500 en 2014 ? Faut-il rappeler au Président de la République que les parlementaires ont, eux aussi été élus et représentent le peuple français ? L’heure est grave.

Ce déni de démocratie est-il un moyen d’esquiver aux Français le fait que la réduction du déficit se fait en réalité sur la baisse des dotations aux collectivités et donc sur le dos des contribuables?

Je regrette la « légèreté » avec laquelle le Président de la République se dispense de la représentation nationale au bénéfice de son parti politique. J'ai donc, hier, interpellé le 1er Ministre en posant une question d’actualité au Gouvernement sur cette décision du président de la République qui fait fi de la démocratie.

Retrouvez ci-dessous mon intervention:

M. Vincent Delahaye . - Vous avez décidé de ne pas débattre avec la représentation nationale des nouvelles augmentations annuelles de la dépense publique, du pacte de responsabilité, du programme de stabilité budgétaire. Vous bafouez le Parlement, c'est pourtant lui qui a le dernier mot. Vous jouez l'esquive, tant votre majorité est divisée. Faut-il rappeler que le nombre de chômeurs a augmenté de 160 000 en un an, contre une baisse de 900 000 dans la zone euro, que les défaillances d'entreprises ont atteint le chiffre record de 62 500 ?
Nous aurions aimé que vous cessiez de présenter comme conjoncturels des déficits colossaux qui durent depuis des décennies. Nous aurions aimé que, pour sortir de ces déficits, vous engagiez de vraies réformes de structures. Nous aurions aimé que votre stratégie de réduction des dépenses publiques ne soit pas aux dépens des collectivités territoriales et, donc, sur les contribuables locaux. Nous aurions aimé que le Gouvernement se confronte au Parlement et ait le courage d'affronter les divisions au sein de sa majorité. Vous pouvez encore changer d'avis ! (Applaudissements au centre et à droite)

C'est Christian Eckert, secrétaire d'État auprès du ministre des finances et des comptes publics, chargé du budget qui a répondu

- Le débat entre le Gouvernent et le Parlement a lieu, souvent pendant de très longues heures, jour et nuit, voire le samedi, et même éventuellement le dimanche. Les décrets d'avances ont été transmis à votre rapporteur général, nous avons passé hier deux heures devant votre commission des finances avec M. Sapin : nous sommes à votre disposition, y compris pendant les vacances. Nous serons d'ailleurs à l'Assemblée nationale la semaine prochaine.

Vous appelez de vos voeux plus d'économies. Les résultats de l'exécution budgétée ont été très positifs : l'État a dépensé 3,3 milliards de moins entre 2013 et 2014. (Exclamations sur les bancs UMP) Ce sont des chiffres et ils sont têtus. Aller plus loin ? Nous attendons vos propositions. (Applaudissements sur les bancs socialistes et écologistes)