"Nous devons veiller à ne pas être ceux qui conduiront l'euro à sa perte" (20/11/2014)

vdJe suis intervenu ce matin, au Sénat, concernant l'examen du Projet de Loi de Finances 2015 lors du débat sur l’action de la France dans la relance économique de la zone euro. J'ai pu dire que l’action du gouvernement en matière d’impulsion politique d’une véritable relance économique de la zone euro est à la fois trop mince et trop peu lisible pour mériter un véritable débat. J'ai aussi fait plusieurs propositions pour permettre à la France de participer à la relance de notre zone monétaire.

Retrouver ci-dessous les temps fort du discours de Vincent Delahaye, dans son discours ce matin au Sénat.

Pour Vincent Delahaye, « Notre zone monétaire fait face à un véritable paradoxe historique. Construite pour assurer notre prospérité en transformant nos économies, la zone euro est aujourd’hui devenue un pôle de stagnation de la croissance mondiale. »

« La France apparait de plus en plus comme l’homme malade de l’Europe, comme une menace à la reprise économique de la zone et non pas comme un fer de lance politique d’une large politique budgétaire européenne. » s’alarme le sénateur qui dénonce l’absence de réformes structurelles pourtant vitales.

Vincent Delahaye a interpellé le Gouvernement sur son inaction : « A défaut d’avoir su trouver des sources de croissance sur les marchés émergents extérieurs, vous attendez désormais que ce soit l’Union Européenne qui prenne sur elle, sur son budget, sur sa capacité éventuelle à s’endetter auprès des marchés financiers, la responsabilité de financer une politique qui a rendue nos finances publiques exsangues. »

Alors que Jean-Claude Juncker a annoncé un plan de 300 milliards d’euros d’investissement, « qui n’a pas vocation à nous dispenser des efforts de restructuration économique que nous n’avons pas réalisés à la différence d’un grand nombre de nos voisins », pour le sénateur, « Emmanuel Macron a beau jeu de déclarer qu’il attend 30 milliards d’euros d’investissement en France au titre de ce plan. Le Président de la Commission européenne ne sait pas lui-même comment il pourra financer ce plan dans un cadre normatif et budgétaire inchangé. »

Vincent Delahaye a énoncé ses propositions afin de permettre à la France de participer à la relance économique de notre zone monétaire : « C’est en tout premier lieu de ne pas sombrer à son tour dans la crise de la dette souveraine. En second lieu, une véritable action française de relance économique serait de prendre une bonne fois pour toute et à bras le corps le chantier de la compétitivité. La philosophie sous-jacente de l’euro est de permettre à nos économies de se tourner vers l’extérieur, le commerce international et demande donc une attention constante à notre compétitivité prix ou produit. Il faut innover à défaut de baisser nos prix, c’est la contrepartie de la stabilité monétaire offerte par l’euro. »

Alors que s’ouvre la discussion sur le du projet de loi de finances pour 2015, Vincent Delahaye a appelé le Gouvernement à l’action : « Nous devons veiller à ne pas être ceux qui conduiront l’Euro à sa perte. »